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Le Skipper Le bateau
Le compte à rebours va se mettre en place...

Mercredi 1er Octobre 2008

Cela fait maintenant plus d'un an que je partais en direction du Brésil avec mon fidèle Rackham Le Rouge, que de souvenirs...

Depuis ce retour au pays, deux projets étaient en constante agitation dans ma tête : La mise en place d'un projet Class 40 avec comme objectif La route du rhum et la mise en place d'une école de voile au Tréport. Deux gros projets...

Les deux se sont préparés et c'est avec l'école de voile qu'on va repartir sur l'eau avec notre fidèle partenaire : Le Tréport !

Le compte à rebours officiel va bientôt démarrer !

Deux programmes : voile légère et habitable

Tenez vous prêt !!!

David

AFFILIE A LA F.F.VOILE !

Nous avons le grand plaisir de vous annoncer l'affiliation du club à la Fédération Française de Voile.

Vous pouvez désormais prendre votre licence fédérale chez nous depuis le 1er juillet.

La lenteur administrative ne nous permet pas de vous proposer de la voile au Tréport cet été mais on prépare la rentrée !

Le nouveau site devrait bientôt voir le jour.

A Bientôt

Une première dans le bassin de commerce !

Malgré le temps un peu capricieux, les Optimists, 420 et le Trimaran Weta ont fait une centaine d'heureux, de 3 à 80 ans. David sur la sécu avec les Optis aidé de François en "skipper accompagnateur junior", Thomas et Marc en capitaine de 420 et Eric sur son Weta ont vraiment bien assurés. Pierre à la gestion des arrivés et des départs.

Marie notre présidente et Nat étaient à terre pour les ateliers animations et la sensibilisation sur les déchets en mer.

Bravo également à notre "transporteur" Vincent qui aux commandes de son vito à assuré la logistique faute de naviguer...Attention à ton dos...

Bravo à toutes les assos qui se sont greffées à cette fête, c'est le début d'une belle collaboration, merci aux autorités portuaires pour avoir eu le droit d'évoluer dans ce bassin de commerce.

 

Fête du Nautisme le 17et 18 mai !

Vous êtes tous invité sur notre stand ce w.e au bassin de commerce du Tréport de 10h à 18h.

Découverte en dériveur, régate de modèles réduits, puces nautiques, jeux et animations pour les petits et pour les grands, démonstrations de la snsm avec hélitreuillage, visite du bateau pilote et du bateau snsm, concert le samedi soir.

Venez également  signer la charte Echo-Mer et contribuez ainsi à la protection de l'environnement.

Venez nombreux !

Naissance des nouveaux projets !

Jeudi 10 avril 2008

L'année 2008 va être riche en matière de projets et de changements...

L'association "Sensation 6.50" qui soutient David depuis le début a décidé d'élargir ses compétences, il a fallu changer les statuts, on en a profité pour changer de nom et de logo !

C'est désormais "Sensation Large" affilié à la Fédération Française de Voile qui va prendre le relais avec des objectifs différents : proposer de l'enseignement sur la Ville du Tréport, continuer à faire partager la course au large de 7 à 77 ans(et plus).

Pour les projets de course, David a préféré mettre en place une nouvelle structure consacré essentiellement à la gestion du projet course avec deux objectifs : La Transat Jacque Vabre 2009 et la Route du Rhum 2010 en Class40.

Je vous annonce également que notre fidèle Rackham Le Rouge a changé de capitaine, c'est Olivier Lardeur, un skipper qui a déjà quelques milles dans les bottes, il avait rencontré David et Rackham Le Rouge sur la Transgascogne 2007, course désormais historique avec ce gros coup de vent pris dans la figure, David avait terminé 4ème de la première étape, heureux mais plus de voile pour la seconde étape ...

A très bientôt

                                                   Toute l'équipe de "Sensation Large"

BONNE ANNEE 2008

Pour commencer l'année, vous pouvez visionnez la vidéo tournée à bord en cliquant sur le lien suivant : http://www.dailymotion.com/rack984/video/x3usqi_transat-650-le-treport-2007_extreme

A Bientôt

David Le Carrou

Retour au Tréport pour Rackham Le Rouge

Lundi 17 décembre 2007

Après avoir parcouru l'Atlantique en marche arrière (regardez bien la photo)à 20 noeuds de moyenne, Rackham Le Rouge est arrivé le 10 décembre à Lorient après s'être mis à l'abri de la tempête derrière Belle île pendant 24 h...

C'est dans la nuit de jeudi à vendredi qu'il a terminé son voyage retour en prenant l'autoroute...dans le bon sens cette fois-ci !

L'heure est à la préparation des projets 2008, beaucoup de paperasse en cette fin d'année mais on vous réserve des surprises !

Samedi 15 décembre, j'ai rencontré les élèves de LDM avec leurs parents, la vidéo enfin terminé a ravi tout le monde, vidéo que l'on mettra en ligne bientôt.

A bientôt

David

Dernière journée au Brésil...

Ca y est, le bateau est sur son ber prêt à embarqué avec ses petits copains, hier c'était le montage du ber sous hangar dans une chaleur assez décourageante et aujourdh'ui c'était la sortie d'eau. Ambiance Brésilienne avec des méthodes "Africaines" pour le grutage...

Le village Transat 6.50 s'est transformé en village Transat Jacques Vabre depuis lundi, j'ai pu accueillir les 5 multicoques arrivés, j'aimerai bien pouvoir accueillir les monocoques 60 et les 40 mais il faudrait ralonger le séjour d'une dizaine de jours...

C'est très sympa de pouvoir discuter avec eu et d'échanger nos sensations dans une ambiance assez détendue, la plupart d'entre eux sont d'ailleurs d'ancien Ministes.

Bon c'est fini ... demain c'est le grand saut en avion pour retrouver les températures Françaises mais j'espère vous ramener un peu de soleil !

A très bientôt

David

Bientôt le retour...

Mercredi 7 Novembre- 14h47 au Brésil

La dernière cérémonie officielle va être donnée ce soir, jusqu'à présent il faut dire que l'on est bien gâté, entre les sorties sur les îles  paradisiaques, les soirées spectacles où l'on découvre la fameuse danse Capoera et les sorties en mer à bord des Savéros bateaux du Brésil où la Caïpirena et la musique Brésilienne prennent place...C'est une belle récompense...

Côté boulot Rackam Le Rouge est en cours de démontage pour une sortie d'eau le 15 novembre, cette fois-ci notre cher partenaire Sommalev ne pourra pas s'occuper de la manoeuvre... Il reprendra lui la mer sur le pont d'un cargo avec ses petits copains pour 12 jours de mer avec une arrivée prévue à Lorient entre le 10 et le 15 décembre.

Moi je prendrai la route retour le 17 par les airs pour une arrivée prévu 15 heures après...Il y a effectivement des transports plus rapide que le Mini !

Je vais peut-être accueillir les premiers de la Transat Jacques Vabre, histoire de me donner des idées...

Dès mon retour, je vous prépare une vidéo pour vous faire partager cette aventure et vous en préparer une autre !

A très bientôt

David

Ca, c'est fait !

Quel bonheur de vivre ces moments intenses d'arrivèe, je peux vous dire que ce moment était attendu...C'est une grosse grosse aventure que j'ai vécu là, difficile pour le moment à d'écrire.

Je peux vous dire en tous cas que Rackham Le Rouge et moi, on a "vécu"un truc.

Les trois derniers jours ont été usant moralement avec un spi qui ne veut pas descendre et une mer qui stop une envie de monter au mât pour donner le coup de couteau nécessaire, mon code5 était un peu petit pour les petits airs des dernières 24h qui mónt coûté pas moi de 3 places  durement achetées les jours d'avant, mais c'est comme ça !

Plein d'échange de bonheur entre tous ces premières heures passées à terre...

Des sourires et des yeux qui pétillent sur tous les visages ! Une premières nuit Brésilienne bien rythmée...

Aujourdh'ui, c'est grand nettoyage, je vais commencer à réaliser petit à petit...

Qu'est ce que c'est bon !

29 octobre 2007 – Retour à la vie terrestre

Bonsoir,

 

 

Après 23 jours et presque 4 heures de mer depuis Madère, Ville du Tréport est enfin amarré ce soir au terminal nautico de Bahia, parmi les 62 mini (protos et série confondus) qui se sont succédés ces deniers jours sous le soleil brésilien. L’accueil traditionnel, avec caïpirinha et … baignade s’est répété 13 fois aujourd’hui, avec l’arrivée de 10 bateaux de série et de 3 protos.

 

David, qui termine cette étape en 24ème position, se classe donc 23ème des bateaux de série au classement général cumulé des deux étapes, pour un temps total de traversée de 30 jours 16 heures et 8 minutes à la vitesse moyenne de 5,71 nœuds (calculée sur la distance orthodromique entre La Rochelle et Bahia, soit 4 200 milles). Compte tenu du fait que la route réelle est supérieure à la route directe théorique, et que la traversée du pot au noir à été difficile (nombre de skippers ont trouvé le franchissement de la ZCIT particulièrement compliqué cette année), la vitesse de Rackham le rouge doit plutôt se situer autour de 6,5 nœuds : pas mal pour un bateau de série de 6,50 mètres !

 

La fin de course a été laborieuse, le vent étant totalement tombé dans la matinée sur la baie de tous les Saints. Dans ces conditions, le temps semble forcément très long, scotché à quelques encablures de la ligne … mais permet aussi de reprendre doucement contact avec les réalités terriennes. Après 23 jours de solitude, le contraste est saisissant entre l’immensité de l’océan Atlantique et les buildings de Bahia (ou plus exactement Salvador de Bahia), agglomération de plus de 3 200 000 habitants …

 

Cette ville, fondée en 1549, s’est d’abord développée autour de la culture de la canne à sucre. Située à l’entrée d’une vaste baie abritée découverte en 1502 par Amerigo Vespucci, « bahia de os Santos » (la baie de tous les Saints),  son port devient rapidement lieu de transit des esclaves venus d’Afrique, ce qui lui vaut le surnom de « Bahia la noire ».

Salvador de Bahia a été la toute première capitale royale du Brésil, jusqu’en 1763 et le transfert du pouvoir administratif à Rio de Janeiro. Le passé de la ville se retrouve dans l’architecture de son centre historique, le « Pelourinho » aux bâtiments coloniaux colorés si caractéristiques datant des XVI au XVIII ème siècles, classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Organisée autour de la ville haute (les quartiers historique) et la ville basse, reliées entre-elles par un ascenseur monumental, Bahia s’est beaucoup développée et modernisée ces dernières décennies et ce sont maintenant des buildings modernes qui accueillent le visiteur venu de la mer.

 

Ouverte sur le monde par son port, Bahia a subi les influences de plusieurs cultures : européenne de par la colonisation portugaise, africaine et bien sur amérindienne. Est-ce ce métissage qui est à l’origine de la réputation des bahiannais, toujours prompts à danser et faire la fête ? Toujours est-il que chaque occasion est propice à la danse et le carnaval de Bahia est réputé pour être le plus grand carnaval populaire de tous le Brésil. La ville a d’ailleurs la réputation d’être la capitale musicale et artistique du pays. Gilberto Gil, un des plus célèbres musiciens du Brésil, véritable ambassadeur de la culture de son pays (et accessoirement ministre de la culture), est d’ailleurs originaire de Bahia.

 

Très touristique, Bahia joue également sur ses plages, à proximité immédiate de la ville. Le livret remis par l’organisateur de la course à chacun des skippers avant le départ fait d’ailleurs bien état de ces plages, avec une mention particulière pour les femmes engagées dans cette Transat : « mesdames, maillot brésilien de rigueur ! ».

 

Pour en savoir plus sur cette ville colorée et animée, que les ministes vont certainement découvrir ensemble pendant quelques jours, avant de désarmer leur bateau en prévision du retour en France par cargo, voici les liens vers quelques sites (choix personnel et absolument non exhaustif …) :

 

http://lsinzelle.free.fr/bresil/salvador-1.htm

 

http://www.nimbustier.net/photos/2005/11/salvador.html

 

 

et pour ceux qui parlent couramment le portugais, le site de la ville de Bahia : http://www.bahia.com.br/index.asp

 

 

J’essaierai de joindre David demain,

 

Bonne nuit,

 

Eric

 

Dans la galerie photo, les toutes premières images de l’arrivée de David, verre de caïpirinha à la main !

29 octobre 2007 - Ville du Tréport à Bahia !

C'est à 16 heures 04 minutes et 9 secondes heure française que David a franchi la ligne d'arrivée de la Transat 6,50 2007, bouclant cette seconde étape entre Madère et Bahia en 23 jours 3 heures 47 minutes et 9 secondes.

Les derniers milles ont du lui sembler bien longs, totalement empétolé à l'entrée de la baie de tous les Saints.

A ce soir pour de plus amples nouvelles.

Eric 

28 octobre 2007 – Dernière nuit en mer

Et oui, c’est très probablement la dernière nuit que passe David seul en mer sur Rackham le Rouge, représentant la ville du Tréport dans l’édition 2007 de la Transat 6,50. Déjà 22 jours qu’il s’est élancé de l’île portugaise de Madère, cap sur le Brésil, et cette nuit aura certainement une saveur toute particulière, entre l’envie d’en finir au plus vite, de retrouver très prochainement Nat et Hugo et, en même temps, de savoir qu’une page se tourne après toutes ces années à vivre « mini ».

Même si l’alizé ne semble pas souffler au-delà de 10 nœuds, de secteur nord-est le long des côtes brésiliennes, Ville du Tréport devrait entrer dans la baie de tous les Saints dans la matinée de demain, mais à quelle heure ? Suspense !

 

Première femme de cette Transat 6,50 2007, Isabelle JOSCHKE a franchi la ligne hier soir, après 21 jours 7 heures et 37 minutes depuis le départ de Madère. Isabelle, qui avait remporté la première étape entre La Rochelle et Madère, espérait bien monter sur la plus haute marche du podium. Depuis quatre ans, elle s’était consacrée entièrement à la réalisation de cet objectif, mais le sort en a décidé autrement, après la grosse avarie subie entre les Canaries et le Cap-Vert, puis encore avec la rupture de la sous-barbe qui l’a obligée à jouer de la perceuse sur son étrave au milieu de l’océan. Et si elle ne termine finalement qu’à la 20ème place au général, elle a été accueillie par tous ses prédécesseurs avec un grand respect. Si cette Transat marque la dernière course d’Isa sur le circuit mini, il va falloir se souvenir d’elle, car elle risque vite de briller en Figaro, puis en 60’ … Après Isabelle AUTISSIER, Ellen Mac ARTHUR, Karen LEIBOVICI, la mini Transat est un aussi révélateur de talents féminins …

 

En série, c’est Laurence CHATEAU qui a l’honneur d’être la première femme de l’étape, en 22 jours 2 heures et 58 minutes, mais c’est Bénédicte GRAULLE, arrivée 32 minutes derrière elle, qui remporte le privilège d’être la première femme au classement général série de la Transat 6,50 2007.

Véronique LOISEL devrait suivre, au coude à coude avec David.

 

A demain, dès que j’ai des nouvelles…

 

Eric

27 octobre 2007 – J - 2

Bonsoir,

 

Aux dernières nouvelles, 36 bateaux au total ont franchi la ligne d’arrivée, 12 en série et 24 en proto. Il reste donc ce soir encore 47 bateaux en course, dans un alizé qui commence à faiblir en adonnant. Les derniers milles devraient donc se faire au portant, avec une dizaine de nœuds de vent. L’ETA de Ville du Tréport est pour l’instant fixé pour lundi, aux environs de 11 heures (heure française).

 

Au classement le plus récent communiqué, à 15 heures, le dernier proto à s’être amarré était le n° 679 « Sitting Bull », à Samuel MANUARD. Sam, architecte naval renommé et ministe multirécidiviste, faisait partie des grands favoris au départ de La Rochelle, mais le sort en a décidé autrement lors de la descente expresse vers le Cap-Vert.

Voici le récit qu’il a fait de son avarie : « Cela s’est passé dans un "vrac", pas très brutal. Le pilote s’est mis tout seul en mode "stand by", et dans une rafale à 28 noeuds, le bateau a commencé à déraper, tout doucement... J’ai choqué le spi. Deux secondes trop tard. J’ai entendu un gros craquement, et le lendemain, j’ai constaté les dégâts. J’ai fait demi-tour pour regagner Mindelo. 450 milles sans spi, avec 400 litres d’eau à l’avant!!. Il y avait là beaucoup de concurrents en escale, et beaucoup parlait d’abandon. Pour moi, il n’en était pas question. la course était perdue, mais il fallait la terminer. J’ai donc pris mon temps, 50 heures, pour reconstruire l’avant du bateau. Le balcon était arraché, avec la cadène. Il fallait tout reprendre sur la varangue, reconstruire le pont... beaucoup de gars avaient qui de l’époxy, qui des tissus de carbone, notamment Alex (Pella). J’ai repris la mer 12 heures après Isa... et j’ai pris plaisir à naviguer, sortant assez rapidement du pot au noir pour un long, très long bord au plus près du vent. Bien ballasté, le bateau marchait comme un avion... ».

 

Ca aussi, c’est l’esprit mini : même quand on sait qu’il n’y a plus d’espoir de vaincre et qu’il serait facile de rentrer à la maison, avec plein de bonnes raisons pour abandonner la course, les skippers s’accrochent, pour la beauté du geste et le plaisir d’être seul en mer, avec son bateau. Isabelle JOSCHKE, qui a subi également une avarie peu après les Canaries avec la rupture de son bout-dehors et qui avait pensé abandonner pendant quelques heures, avant de décider de réparer et de continuer malgré tout, comme Sam MANUARD, est attendue incessamment à son tour à Bahia par les autres skippers.

Comme tous, elle va avoir droit à un accueil chaleureux par ses camarades de jeu, une petite caïpirinha (le « Ti’Punch » brésilien) et une baignade plus ou moins volontaire dans le port ! (une tradition bien établie, qui va se répéter 83 fois … heureusement que l’eau est chaude).

 

Et c’est aussi pour vivre ces moments là que tous les ministes ont tout sacrifié pendant plusieurs années, pensant mini, rêvant mini, vivant mini, et qu’ils ont accepté d’endurer les dures conditions de vie qu’imposent une course océanique de 4 200 milles (un peu moins de 7 800 km) sur une coque de noix.

 

La vie d’un ministe en course ressemble en effet à celle d’un ascète, entièrement consacré à la marche de son bateau (ce qui contraste parfois singulièrement avec le côté convivial de la classe Mini, à terre !).

De fait, le bateau ne fait que 6,50 mètres de longueur de coque, pour un espace intérieur d’environ 3 mètres cube. Et cet espace est  presque entièrement occupé par les voiles d’avant (2 spi, un code 5, un genak) et le matériel nécessaire à la traversée (c’est-à-dire pour l’essentiel la nourriture et les bidons d’eau, plus le matériel de sécurité). Il n’y a pas de place pour s’allonger, hormis sur les voiles ou dans l’espace étroit sous le cockpit, mais de toute façon les skippers ne dorment jamais plus de 20 minutes d’affilées (une grosse alarme se chargeant de les réveiller, sauf s’ils oublient de la mettre …). Et sur un proto la place intérieure est encore plus réduite : la cabine est traversée sur chaque bord par les puits de dérive, et les palans de la quille basculante encombrent le peu d’espace restant.

 

L’humidité à bord est par ailleurs permanente : même si la descente est bien protégée et que l’eau ne rentre pas directement dans le bateau (à part dans des conditions extrêmes comme celles rencontrées lors de la Transgascogne), à chaque changement de voile d’avant, ce sont des litres d’eau qui ruissellent des voiles stockées dans le bateau. Et avec les conditions rencontrées dans le pot au noir, entre pétole et grains accompagnés de trombes d’eau, il y en a des changements de voile …

Et puis il y a enfin toujours un peu d’eau qui s’infiltre par la trappe de survie (bon, là s’il y en a trop, c’est de ma faute, je n’aurai pas mis assez de silicone …).

 

Cette humidité permanente, à l’intérieur du bateau ou à l’extérieur (les embruns, lors des bords de près ou de reaching comme en ce moment, ou la pluie subie dans la zone de convergence intertropicale), fini par générer chez tous les skippers divers problèmes cutanés provoqués par le sel et les frottements sur les bancs de cockpit, lors des longues heures passées à barrer.

 

Et pour se réconforter, les skippers n’ont même pas la possibilité de se mitonner un bon petit plat, puisqu’ils n’embarquent en général que des plats lyophilisés, prêts à consommer.

Pour toute nourriture, David embarque ainsi des sachets repas lyophilisés, spécialement étudiés pour apporter à l’organisme l’énergie suffisante pour  être au top dans les manœuvres, tout en ne pesant que 125 grammes à l’unité ! Après réhydratation avec 300 millilitres d’eau chaude, cela donne un excellent repas chaud (enfin, il faudra demander son avis à David quand il rentrera, parce qu’après un mois de ce régime je pense qu’il ne pourra plus voir un seul sachet de lyoph pendant quelque temps !).

Dans le catalogue du shipchandler Demi Clé, spécialiste de la course au large et fournisseur de très nombreux ministes, on a ainsi le choix entre 18 plats différents, allant de la paëlla au chili con carne, en passant par du bœuf à la hongroise, du poulet au curry, du bœuf Strogonov ou encore du nasi goreng.

En complément, David a aussi embarqué au départ de chacune des deux étapes des produits frais, mais qui ne sont destinés qu’aux premiers jours de course. En effet, dès lors qu’il n’y a aucun moyen de conservation des aliments à bord (pas de glacière et encore moins de frigo, comme sur les bateaux de croisière), il n’est pas possible de prévoir un avitaillement en viande ou légumes frais. Mais de toute façon, la chasse au poids forcenée  interdit de fait d’embarquer de bons petits plats, trop lourds, et les skippers n’ont pas le temps, en course, de préparer eux-mêmes un repas.

En fait (mails ils ne l’avoueront jamais), faire la Transat 6,50 c’est aussi un excellent moyen de faire enfin le régime qu’on à toujours une bonne raison de repousser à terre ! Plus sérieusement, il est certain que David aura perdu du poids à l’arrivée à Bahia, et c’est d’ailleurs en prévision de ce régime forcé que le médecin de la course qui a examiné tous les skippers à La Rochelle leur a donné comme conseil de manger un maximum de viande rouge, de fruits et de légumes avant le départ. On peut être certain que passé les retrouvailles avec les copains et la première Caïpirinha, les skippers vont se précipiter sur un bon gros steack !

 

L’allègement maximal touche d’ailleurs tous les domaines de la vie à bord : pour toute vaisselle, David embarque une bouilloire, une seule gamelle de type tupperware, qui sert à prendre la totalité des repas, et une fourchette.

Lors de la Transat 6,50 1987, Laurent BOURGNON avait d’ailleurs poussé la recherche de la légèreté très loin, allant jusqu’à couper le manche de sa brosse à dent ! (bon, de mémoire il avait aussi « allégé » la structure de son bateau à la tronçonneuse et s’était débarrassé de son ciré passé l’équateur… avec son argent dedans.).

L’état d’esprit minimaliste dans le confort et la chasse au poids permanente n’est pas réservée à la classe mini : il suffit de voir la cellule de vie des nouveaux monocoques 60’ IMOCA pour se rendre compte de leur dépouillement monacal. La cellule de vie s’articule exclusivement autour de la table à carte (quand il en reste encore une…), cette table étant de plus en plus « light »,   avec une électronique allégée au maximum et matossable au vent !

 

La chasse au gramme inutile règne désormais en maître sur les bateaux de course et il était parfois surprenant, sur les pontons de La Rochelle, de voir quelques skippers embarquer de petits plats en conserve ou bocaux de verre, certes réconfortants pour le moral, mais aussi terriblement lourds (bon, ça se voit aussi sur leur classement au général …).

 

A demain, J-1 …

 

Eric

26 octobre 2007 – Hervé PIVETEAU vainqueur en série

Bonsoir,

 

16ème à franchir la ligne d’arrivée de cette seconde étape et premier skipper d’un bateau de série, Hervé PIVETEAU est arrivé ce matin à 03 h 56 heure française, effectuant les 3 100 milles de cette seconde étape en 19 jours 14 heures et 39 minutes.

C’est lors du passage de l’archipel du Cap Vert qu’il s’est emparé de la première place jusqu’alors occupée par Stéphane LE DIRAISON, suite à des options de route différentes. L’écart entre les deux skippers sur la première étape à Madère était de 3 heures et 34 minutes, et sans moyen de connaître la position de Stéphane le DIRAISON suite au dysfonctionnement du système de positionnement, l’attente à été très longue pour Hervé PIVETEAU avant de se voir sacré vainqueur de la Transat 6,50 au classement général série !

 

Alors que les deux bateaux étaient très proches depuis le départ de Madère, avec même plusieurs jours de navigation à vue au milieu de l’Atlantique, version match race, un écart de plusieurs dizaines de milles s’est creusé lors du passage du pot au noir. L’option ouest suivie par Stéphane LE DIRAISON n’était visiblement pas la bonne, et il n’a jamais été ensuite en mesure de revenir sur la tête de la course, rétrogradant à la 4ème place.

En franchissant la ligne d’arrivée de la seconde étape en 4ème position, à 19h33 heure française , Stéphane le DIRAISON préserve cependant la deuxième place au classement cumulé des deux étapes de la Transat 6,50 en bateau de série, avec un temps de course de 26 jours 16 heures et 34 minutes.

Le tchèque David KRIZEK, arrivé 3ème à Bahia en bateau de série 3 heures et 42 minutes derrière l’espagnol Gérard MARIN, complète le podium de la Transat, en 26 jours 18 heures et 15 minutes (avec une différence de temps cumulé sur les deux étapes de 5 h 23 sur Gérard MARIN).

 

 

Ainsi, ce soir 25 bateaux sont amarrés dans la marina de Bahia, 21 protos et 4 bateaux de série (photo GPO – Pierrick GARENNE)

 

 

La balise de positionnement de David ne fonctionne plus à son tour depuis la nuit dernière et il n’est donc plus possible de connaître la position de Ville du Tréport. On peut cependant estimer raisonnablement qu’il a dépassé dans l’après-midi la latitude de Recife et qu’il longe maintenant les côtes brésiliennes. Etant positionné encore assez à l’est de la l’orthodromie hier soir, il doit naviguer au large de la terre, ce qui lui permet d’éviter l’affaiblissement du vent plus marqué près des côtes. Cela lui évite aussi trop de rencontres avec les nombreux bateaux de pêche locaux, mais, malgré ce relatif éloignement, il doit déjà commencer à sentir les odeurs de la terre.

D’après les infos du PC course, David est attendu à Bahia pour le 29 octobre, autour de 15 heures.

 

Ce sont maintenant les tous derniers jours de course pour Rackham le Rouge et David repense sûrement au long chemin parcouru depuis qu’il s’est lancé dans cette aventure : la construction de son bateau, les premières navigations et une première qualification avortée suite à la rencontre avec un navire de sa gracieuse majesté, la qualification arrachée in extremis pour la Transat 2005, la sortie en premier du bassin des chalutiers de la Rochelle sous les acclamations de la foule, puis le démâtage au large du Portugal, après seulement quelques jours de course.

Mais David ne s’est pas arrêté sur cet échec provoqué par la rupture d’une cadène en acier neuve, pièce qui en théorie ne casse jamais, et s’est relancé pour l’édition 2007 de la Transat 6,50. Grâce à la participation active de la municipalité du Tréport et à la mise à disposition d’infrastructures, Rackham le Rouge s’est refait une beauté cet hiver pour être paré à affronter l’océan Atlantique. Et maintenant, un peu plus d’un mois après le départ de La Rochelle, David est en passe de boucler SA mini transat et de réaliser son rêve. En 5 ans, il est devenu un vrai coureur d’océan et toute l’expérience qu’il a accumulé durant ces années, tant comme marin que sur la conduite d’un projet sportif de haut niveau, vont à n’en pas douter lui être très utile pour les prochaines années. Il ne faut pas oublier qu’une expression devenue désormais familière dans le milieu de la course au large est : « passe ta mini d’abord » …

 

Il ne reste plus maintenant qu’à trouver enfin un budget à la hauteur de ses, de nos ambitions, pour lui permettre de jouer la gagne avec les mêmes moyens que ses petits copain de jeu (bon, OK, le jeu va devenir dur, maintenant on entre dans la cour des grands et il y a du beau monde, mais c’est justement cela qui est motivant).

Et si la Transat 6,50 est une course incontournable et dont la renommée internationale ne cesse de s’affirmer, ainsi qu’en atteste le nombre de skippers de toutes nationalités venu s’affronter sur ces « petits bateaux », elle reste cependant assez peu connue du grand public. Par contre, le prochain terrain de jeu auquel David réfléchit depuis déjà près d’un an est autrement plus médiatisé, avec la présence de « star » de la voile sur diverses catégories de bateaux que tout le monde à vu sur tous les écrans de télévision (à suivre à ce sujet le départ du Havre de la prochaine Transat Jacques Vabre, les 03 et 04 novembre … qui arrive également à Bahia ! embouteillage garanti dans le port et dans le cargo chargé de rapatrier en France tous ces bateaux).

 

 

 

Bonne nuit et à demain,

 

Eric

25 octobre 2007 – Mais où est donc passé … le satellite ?

Bonsoir,

 

Cela commence à être un peu n’importe quoi dans le suivi satellite des bateaux, le dysfonctionnement des balises de positionnement ressemblant de plus en plus à une épidémie … En proto, ils sont ce soir 20 bateaux à n’avoir pas été classé et 17 en série !

Ville du Tréport échappe encore pour l’instant au phénomène et se retrouve donc provisoirement en 5ème position … mais sans qu’il soit possible de connaître sa place réelle. A moins qu’il ne soit effectivement 5ème ?

Dans ces conditions, il devient très aléatoire d’estimer quel sera le premier skipper d’un bateau de série à franchir la ligne d’arrivée. Encore au moins 24 heures de suspense à attendre …

 

 En tout cas, sur l’eau cela semble aller plutôt bien pour David, qui maintient une vitesse moyenne de 5,8 nœuds sur 24 heures et était pointé à 18 h ce soir à 6,4 nœuds en vitesse instantanée. Il est passé au large de l’archipel de Fernando de Noronha en début de nuit dernière (en heure locale) et n’est plus ce soir qu’à 558 milles de Bahia, soit un peu moins de 4 jours de mer. Les conditions de navigation restent stables, avec un alizé de sud-est d’une vingtaine de nœuds, qui devrait faiblir légèrement à l’approche du continent Sud-Américain. Le prochain et probablement dernier empannage devrait être pour entrer dans la Baie de tous les Saints … plus de 500 milles dur le même bord, au reaching !

 

Chez les rescapés des protos, Isabelle JOSCHKE et Sam MANUARD continuent de se tirer la bourre, avec un léger avantage pour Samuel. Tous deux ont passé la latitude de Recife dans l’après-midi et naviguent désormais le long des côtes brésiliennes.

 

Ce sont maintenant 13 protos qui sont amarrés dans la marina de Salvador de Bahia, la 6ème place ayant été prise par Adrien HARDY en 18 j 10 h 51 mn 39 s : plutôt pas mal pour un bateau qui a démâté au beau milieu de l’Atlantique !

Le skipper, qui un moment a pensé à abandonner, a finalement tenté de remettre à sa place son mât, tombé intact (le fait qu’il ne lui restait alors que 6 jours de nourriture et un minimum de 10 jours à faire pour rejoindre une terre sous gréement de fortune a probablement pesé lourd sur sa décision !). Après plusieurs tentatives infructueuses et des 5 heures trente d’efforts, il a enfin réussit à repositionner le mât aile en carbone de 50 kilos, contusionné de toutes parts. Ne lui restait plus alors qu’à refabriquer la cadène d’étai avant qui avait cassé, avec du tissusde carbone et de la résine. Même s’il a eu la chance inouïe que le mât ne se brise pas en tombant, c’est un joli tour de force qu’il faut saluer, parce ce que ce genre d’exercice, sur le pont mouvant d’un petit bateau, n’a rien d’évident et il faut une sacré dose de volonté. Il risque d’y gagner un surnom (Mac Gyver ?), comme Yves PARLIER lors du Vendée Globe 2001, où il avait brisé le mât de son 60’ dans l’océan Indien avant de réparer seul, dans une baie déserte de l’île Stewart. En tous cas, sa réparation a été solide, puisqu’il à fini le parcours pied au plancher, faisant des pointes à 15 nœuds … (nota : la construction de son mât doit aussi être sacrément résistante, puisque c’est le deuxième démâtage de la saison, après la Transgascogne, sans qu’il y ait de casse : bravo au chantier !)

En photo, l'arrivée de Adrien HARDY dans la nuit brésilienne (photo GPO - PIerrick GARENNE)

 

Andraz MIHELIN, le skipper slovène percuté lors du départ de Madère par Rackham le Rouge est arrivé aujourd’hui à midi en 10 ème, bouclant l’étape en 18 j 22 h 55 mn 14 s (et 10 h 30 derrière son compatriote Kristian Hajnsek sur un sister ship): visiblement, son bateau n’a donc pas souffert de la collision, mais il a perdu quelques heures en revenant réparer ; mais le jury pourrait toutefois lui accorder une compensation en temps. Le team Adria Mobil place ses deux bateaux aux 8ème et 9ème place au classement général cumulé des deux étapes, ce qui est cohérent avec les performances identiques des deux bateaux.

 

Pour la petite histoire des records, Yves LE BLEVEC a décroché également le record des 24 heures, avec 274,5 milles parcourus à 11,4 noeuds de moyenne. Il bat les deux chronos réalisés à l’occasion de la première étape par Isabelle JOSCHKE (273 milles parcourus) et Sam MANUARD (272,3 milles à 11,3 noeuds de moyenne) : essayez de faire pareil !

 

A demain, en espérant que les balises fonctionnent à nouveau.

 

Eric

24 octobre 2007 – 5 protos amarrés dans la marina de Bahia

Bonsoir,

 

L’absence de positionnement satellite ne permet pas de connaître précisément la position de Ville du Tréport ce soir. Au dernier pointage, cet après-midi à 16 heures, il était en 10ème position au classement série … mais avec les mêmes réserves émises sur le classement réel, dès lors que 12 concurrents n’ont pas été classés.

Ce matin il était à 725 milles de l’arrivée, progressant au travers bâbord amure à un tout petit peu moins de 6 nœuds, dans un alizé de sud-est se renforçant à 20 nœuds et avec une mer bien formée. S’il maintient cette allure, après avoir franchi l’île de Fernando de Noronha dans la journée de demain, il devrait toucher terre d’ici 5 jours, soit lundi soir.

 

Chez les protos, les arrivées se succèdent. Après Yves LE BLEVEC hier soir,  4 skippers ont franchi la ligne d’arrivée aujourd’hui.

Arrivé ce matin à 10 h 28 minutes et 22 secondes heure française, David SINEAU a pris la seconde place en entrant dans la baie de tous les Saints au petit jour (5 heures de décalage horaire…), 14 heures et 35 minutes derrière Yves LE BLEVEC.

C’est une très jolie performance pour cet « amateur » (chef d’entreprise breton, spécialisé dans les énergies renouvelables, mais qui a déjà fini troisième en série de la Transat 6,50 2003) , qui au surplus à connu de nombreuses avaries qui l’ont sérieusement pénalisé sur cette seconde étape : perte du gennaker qui, en passant sous le bateau, a également endommagé la quille basculante, et destruction méthodique des aériens de tête de mât par des oiseaux (Hitchcock ?), avec comme conséquence la perte des indications de vitesse et d’angle de vent (cette dernière donnée étant particulièrement importante pour le pilote automatique).

 

A son arrivée, David SINEAU a par ailleurs levé le voile sur l’avarie qu’à connu Adrien HARDY, alors en seconde position (étant à proximité, il a entendu le compte-rendu fait par VHF) : la cadène d’étai avant s’est arraché et « Brossard » a dématé, mais le mât ne s’est pas brisé en tombant. Le skipper a réussi, seul, à remettre son mât droit au beau milieu de l’océan et, 7 heures seulement après son avarie, a repris sa route vers Bahia ! Chapeau. Il devrait franchir la ligne d’arrivée cette nuit, en 6ème ou 7ème position et il est très attendu !

 

Et après un certain suspense du à la panne de balise de positionnement de Nick BRENNAN, c’est finalement Fabien DESPRES qui s’impose sur la troisième marche du podium, l’australien prenant la quatrième place de l’étape. Enfin, une heure derrière lui, c’était au tour de Ronan DESHAYE de s’emparer de la 5ème place.

 

 

Yves LE BLEVEC, grand vainqueur de la Transat 6,50 2007, réalise enfin un rêve, à sa troisième participation et avec des moyens à la hauteur de ses ambitions légitimes. Mais cette victoire ne s’est pas faite dans la facilité, et malgré son expérience de la course au large il a du batailler ferme pour maintenir sa première place, comme il l’a confirmé juste après son arrivéz :

 

 « Cette victoire là est due à plein de choses mais pas au hasard, pas au hasard. Avec Sam et Isa, cela n’était pas gagné et le niveau était carrément haut. On avait des bateaux avec des performances très très proches et chacun avec des motivations très élevées. Quoi qu’il arrive, même sans eux, il ne fallait rien lâcher… ».

« J’avais peur toutes les 5 minutes de casser quelque chose. Mais je devais attaquer car il fallait mettre de la pression sur les autres et être devant… C’est le truc le plus simple en fait et en même temps le plus dur. Depuis les Canaries, je suis en tête, sauf une fois où Adrien est passé devant. Mais voilà, faut envoyer tout le temps pour rester en tête... Il y a des moments où j’envoyais… mais j’envoyais ».

« La position dans laquelle j’étais était difficile. J’étais en tête et il fallait que je le reste. Mais le niveau de stress que j’avais était très élévé. Je me suis mis dans le rouge des fois… Des coups de nerfs parce que j’avais peur de pas bien faire, de ne pas être au niveau. Pour moi, c’était dur de gérer le stress et d’être devant... J’y allais pas pour amuser la galerie. Il y a deux ans quand je suis allé voir Actual, c’était pour un projet gagnant ! Et là je suis content de leur donner cela. Mais c’était dur ce niveau de stress… ».

 

Compte tenu de son vécu, ces mots signifient bien quelle a été l’intensité de la course, dont le niveau n’a cessé de s’élever en trente ans d’existence. Et que ce soit en proto, la catégorie reine mais aux budgets exponentiels, ou en série, le constat est le même : il n’y a pas de hasard dans la victoire, et cela se prépare bien en amont, avec un budget suffisant pour pouvoir concentrer toute son énergie à la seule préparation du bateau et à la navigation. Et même si la Transat 6,50 reste une des seules course au large accessible aux petits budgets et aux « amateurs » (c’est une façon de parler, vu le niveau relevé, mais l’essentiel des skippers ne vient pas du milieu professionnel de la course), il n’en reste pas moins que l’importance des ressources financières investies dans le projet joue toujours une place cruciale dans la réussite (et là, Sensation 6,50 joue tout tout petit, malgré la participation sans faille de la ville du Tréport depuis l’origine du projet et, plus récemment, de l’entreprise MMB (fabrication de maquettes et prototypes high-tech pour l’industrie et le luxe, située à Blangy-sur-Bresle).

 

Toutefois, même malgré une préparation optimale, une part de chance, non négligeable, est toujours à prendre en considération : Isabelle JOSCHKE, Sam MANUARD, Alex PELLA ou Adrien HARDY en savent quelque chose, eux qui au départ de La Rochelle pouvaient tout autant prétendre au titre.

 

 

En photo, le podium : au milieu, Yves LE BLEVEC, à droite, David SINEAU et à gauche Fabien DESPRES (photo GPO)

 

A demain,

 

Eric

23 octobre 2007 – Le record de 2005 est tombé

Bonsoir à tous,

 

C’est à 19 heures 53 minutes et 2 secondes précisément que Yves LE BLEVEC a franchi en vainqueur l’édition 2007 de la Transat 6,50 Charente maritime – Bahia. Il boucle les 3 050 milles nautiques de cette seconde étape entre Funchal dans l’archipel de Madère et Salvador de Bahia en 17 jours, 06 heures, 38 minutes et 2 secondes, à la vitesse moyenne de 7,36 nœuds (inutile de dire que pour maintenir une telle moyenne, avec le ralentissement occasionné par la traversée du pot au noir, il faut sacrément allumer …). Et d’ailleurs il n’a pas ralenti tant qu’il n’a pas eu franchi la ligne, naviguant à près de 10 nœuds dans une mer formée toute la journée !

 

Son temps de course cumulé sur l’ensemble des deux étapes est de 23 jours, 03 heures, 51 minutes et 24 secondes, soit en un tout petit moins de 41 heures que le temps de référence établi il y a deux ans par Corentin DOUGUET sur le même parcours.

 

Il devient ainsi, à 42 ans, le vainqueur le plus âgé de l’épreuve depuis sa création en 1977 et ajoute cette course mythique à son palmarès personnel. Faut-il rappeler qu’il est, notamment, co-détenteur du trophée Jules Verne sur le maxi catamaran Orange II à Bruno PEYRON, en 2002 en 64 jours et en 2005 en 50 jours (ce record tient toujours), qu’il a couru la 5ème étape de la Volvo Ocean Race entre Rio et Baltimore en 2006 sur ABN Amro 2 ou encore couru le Figaro en 2003. C’est donc un marin d’une grande expérience qui remporte cette édition de la Mini Transat, qu’il courre  pour la troisième fois

 

Par contre, il n’est pas encore possible de savoir lequel des marins va couper la ligne en seconde position, les balises de positionnement satellite refusant toujours de fonctionner sur plusieurs bateaux. D’après les informations dont dispose le PC course, ce devrait normalement être David SINEAU, suivi de l’australien Nick BRENNAN, mais il n’est pas encore possible de connaître leur heure d’arrivée estimée (ETA selon l’abréviation anglaise consacrée).

 

Et d’ailleurs Yves LE BLEVEC a ignoré sa place réelle quasiment jusqu’à l’arrivée, étant lui-même en panne de récepteur BLU. Aux bateaux presse venus à sa rencontre au large de la baie de tous les Saints, ses premiers mot ont été : « Y en a combien d’arrivés ? » ! Loin de toutes les technologies de communication désormais embarquées dans les autres classes de course au large, la Mini conserve cet état d’esprit originel, mettant aux prises les marins, seuls avec leur bateau, et l’océan Atlantique. Et c’est bien ce qui fait le charme de cette course atypique, qui attire sans cesse plus de coureurs, de tous les pays du monde.

 

 

En série, les mêmes dysfonctionnements affectent les balises des bateaux de tête, qui n’ont pas été positionnés ce soir. On peut toutefois supposer que Hervé PIVETEAU conserve sa place de leader, devant l’espagnol Gérard Marin.

Plusieurs bateaux n’ayant ainsi pas été classés ce soir, Ville du Tréport apparaît donc en 16ème position au classement série, mais il doit réellement toujours occuper la 22ème place. Il ne se situe plus qu’à 861 milles de l’arrivée et navigue maintenant dans l’hémisphère sud … (latitude 1°16’43’’ Sud et 30°52’04’’ de longitude Ouest, à 18 heures).

 

A priori il n’a pas été trop ralenti par les indispensables formalités à accomplir auprès de Neptune lors du passage de la ligne et les offrandes que David lui a faite semblent lui avoir convenu, puisque Rackham le Rouge trace maintenant son sillage de l’autre côté de la planète.

 

En effet, le passage de l’équateur constitue depuis toujours pour les tous marins du monde un moment bien particulier, et les néophytes doivent subir un rite initiatique qui les fera entrer dans le royaume de Neptune et Amphitrite (Neptune, Dieu des mers et des océans dans la mythologie Romaine, appelé Poséïdon dans la mythologie Grecque, gouverne son empire du fonds des océans. De son union avec Amphitrite né le monstre Triton).

 

Ce rituel, apparu lors des premiers voyages à travers l’immensité alors inconnue de l’océan Atlantique, remonterait pour certains jusqu’à une tradition de baptême Viking, même si le premier passage « officiel » de l’équateur remonte à l’an 1469. Mais c’est bien avec la découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb en 1492, puis des premiers navigateurs explorateurs lancés à la découverte des océans que le rituel du passage de la « Ligne » a pris toute son importance.

 

D’après Bernard FERNADEZ (Histoire de voyageurs :  au Siècle des Lumières, l'Équateur, un rite de passage en mer), le passage de l'Équateur, appelé « la Ligne »,  se faisait dans la  fête et symbolisait un rite de passage pour les marins et voyageurs. Après avoir parcouru une mer parfois violente, des vents forts qui mettaient à l'épreuve les navigateurs les plus confirmés, la Ligne, symbolisait un  « temps » qui s'arrêtait contre le gré des hommes. Le passage de l'Équateur, imposait  bien souvent une mer calme, immobile, de température chaude, moite, transportant l'équipage dans un temps amorphe (souvenez-vous, le Pot au noir …). Les vaisseaux flottaient sur une mer immense, prisonniers d'un temps a-temporel et incontournable qui devenait rite de passage.
Le monde marin vivait ce moment avec beaucoup d'intensité car il était aussi l'exutoire aux souffrances vécues lors de la traversée en pleine mer : la faim, les morts et maladies survenues pendant le voyage, les peurs imaginaires multiples, venaient se surajouter à la scène captivante du passage de la Ligne (il ne faut pas oublier que de très nombreuses croyances habitaient les marins. Les conditions météo particulières rencontrées lors de la traversée de ce qui allait devenir bien plus tard la ZCIT pouvaient alors être particulièrement propices à l’imaginaire et aux peurs : chaleur suffocante, absence totale de vent, ponctuée de grains soudains et violents que les lourds vaisseaux de l’époque, lents et peu manoeuvrants, subissaient sans pouvoir réagir, contrastes de lumières, entre les rayons du soleil filtrant à travers le noir sombre des nuages d’orage … Pour les non initiés, tout cela pouvait facilement devenir effrayant, dans la peur de l’inconnu ).

 

Ce passage  introduisait ainsi un temps initiatique où  les acteurs de ce rite mettaient en scène un monde social inversé. La hiérarchie sociale et nobiliaire s'estompait pour laisser la place à un monde à l'envers, où ceux qui savaient prenaient pour un court moment le pouvoir : les vieux marins se déguisaient de façon burlesque, se maquillaient en noir, initiant les jeunes matelots – et passagers du bord - au baptême de la Ligne dont la finalité symbolique était bien d'amener le néophyte à devenir un vrai loup de mer. Pendant parfois plusieurs jours, le bateau se transformait en scène de théâtre où Neptune, en Dieu tout-puissant accompagné de diables, diablotins et autres tritons, prononçait la sentence réservée aux novices dans une parodie de jugement. La cérémonie se terminait alors par une immersion totale des néophytes dans un réservoir d’eau, après avoir été barbouillés de peinture et de restes de nourriture, de préférence avariée … 

 

De nos jours, la tradition se perpétue encore dans la marine marchande (même si les impératifs commerciaux et les équipages exotiques naviguant sous pavillon de complaisance tendent de plus en plus à oublier le rituel) et est bien vivante dans la Royale. Le passage de « la Ligne » reste un grand moment festif, où les néophytes doivent subir diverses épreuves rituelles avant de comparaître  devant Neptune et son épouse Amphitrite, Monseigneur Pompilius, le juge et l’avocat général, l’astronome et d’autres personnages tels que les gendarmes équatoriaux et la tribu de sauvages « OULA OULA CA FAIT BOBO », avant l’immersion dans une piscine installée spécialement à cet effet sur le pont du navire.

Enfin, les Néophytes devenus Chevaliers se voient remettre un diplôme, à conserver précieusement et à présenter devant Neptune à chaque nouveau passage de la Ligne. Car sans ce diplôme tout le rite initiatique serait à recommencer, et pour pouvoir enfin devenir Dignitaire et avoir le pouvoir de faire passer la Ligne à un Néophyte, il faut pouvoir attester avoir franchi cette barrière mythique à deux reprises.

(Pour l’anecdote, il y a encore quelques dizaine d’années, les passagers des vols franchissant l’équateur se voyaient également remettre ce diplôme, mais sans le cérémonial ..)

.

 

Evidemment, le strict respect du rituel traditionnel est quelque peu difficile à bord d’un mini, mais le passage de la « Ligne » donne cependant lieu à une courte cérémonie, honorant Neptune par une offrande, afin de s’attirer sa magnanimité. David n’a donc pas oublié d’embarquer une (petite) bouteille de champagne, dont une bonne rasade à été versée à la mer avant de boire le reste (bon, le champagne chambré à 40 degré, c’est pas génial, mais quand il faut …).

 

A demain pour voir si David a été assez généreux avec ce bon vieux Neptune,

 

Eric

 

(en photo, la statue du Dieu Neptune de Copenhague)

22 octobre 2007 : plus que 24 heures pour le premier proto

Bonsoir,

Il est 17 heures 40 heure locale sur les côtes du Nordeste brésilien et Yves LE BLEVEC doit commencer à voir et sentir les signes de la proximité de la terre : odeurs de la terre, présence d’oiseaux marins en plus grand nombre, mais aussi petits bateaux de pêche ou navires de commerce, sans compter les plate-formes pétrolières. Ces rencontres, si elles font du bien au moral, peuvent aussi être dangereuses : risque de collision ou de rencontre avec des filets non signalés.

Ce n’est pas le moment de relâcher son attention, mais on peut certainement faire confiance à la grande expérience de ce marin pour ne pas se laisser surprendre et inscrire, enfin, la Transat 6,50 à son palmarès déjà bien étoffé.

Au dernier pointage communiqué par l’organisation de course, à midi, il n’était plus qu’à 271 milles de la ligne d’arrivée et naviguait à de 8 nœuds, dans un vent de l’ordre de 15 nœuds de secteur Est. Il devrait donc normalement franchir la ligne en vainqueur demain en fin de journée, prenant sa revanche sur l’édition 2005 où il avait démâté peu après l’équateur et avait rejoint Bahia sous gréement de fortune.

 

Mais des surprises sont encore possibles … En effet, plusieurs bateaux n’ont pas été localisés aujourd’hui, suite à des dysfonctionnement en cascade de balises de positionnement satellite. Et parmi ces bateaux on trouve notamment David SINEAU (2ème au dernier pointage, hier matin, ou Nick BRENNAN, 4ème hier midi). On se retrouve donc un peu dans la même situation d’avant l’avènement du positionnement satellite et de la vénérable balise Argos, où jusqu’au dernier moment régnait l’incertitude sur le vainqueur de la course. Il y a eu ainsi des moments forts, restées dans la mémoire de tous et qui ont aussi contribué à l’engouement populaire pour les grandes courses transatlantiques à la voile : la victoire d’Eric TABARLY dans la transat anglaise en 1964, où tout le monde attendait Sir Francis Chichester, et encore plus en1976, où le duel entre Pen Duick VI, conçu pour être manœuvré par un équipage de 15 gaillards et Alain Colas et son géant Club Méditerranée est entré dans l’histoire, et puis l’image qui marque véritablement l’entrée dans l’ère de la course au large moderne, le petit trimaran jaune de Mike BIRCH fondant sur le grand monocoque noir de Michel MALINOVSKI lors de la première route du Rhum, en 1978.

 

L’arrivée de la Transat 6.50 2007 ne devrait pas atteindre toutefois ces moments d’intensité, l’incertitude planant sur l’ordre exact d’arrivée étant beaucoup plus limitée : de fait, les dernières positions avant l’arrêt des balises devraient rester figées, dès lors que les dernières centaines de milles à parcourir (environ 200 milles pour le leader) vont se courir pour tous sur le rythme d’un sprint, tout dessus au reaching. Et depuis 24 heures, c’est LE BLEVEC qui accentue son avance sur ses poursuivants localisés.

 

Mille milles en arrière, Ville du Tréport est enfin sorti du pot au noir et recommence à tracer son sillage en direction de baie de tous les Saints, à 6 nœuds. Aucun pointage n’est disponible ce soir (toujours les problèmes de positionnement que l’organisation essaie de résoudre au plus vite), mais à midi David était toujours en 22ème position, légèrement plus à l’est que la majorité des autres skippers, ce qui devrait constituer un avantage dans les heures à venir.

Il n’est plus qu’à 1° 53 ‘ 75 ‘’ de latitude nord et devrait très bientôt franchir l’équateur . S’il a déjà traversé l’Atlantique, ce sera la première fois qu’il navigue « la tête en bas », mais probablement pas la dernière (de grands projets attendent en effet David dès son retour en France, avec beaucoup de travail en perspective pour l’année à venir, on en reparlera).

Bien que la navigation astronomique se soit quelque peu perdue depuis l’autorisation du GPS par la classe Mini, les marins peuvent désormais contempler chaque nuit au-dessus d’eux la Croix du sud, alors que le sillage retrouvé de leur bateau univers scintille sous les étoiles.  

 

Bonne nuit et à demain,

 

Eric

21 octobre 2007 – Ville du Tréport dans Voiles et Voiliers

 

 

 

Bonjour à tous,

 

Ouvrez le magazine Voiles et Voiliers à la page 75 et admirez !

Une parfaite photo de promotion, type carte postale : sous grand spi dans le soleil couchant, le logo « ville du Tréport » bien visible dans la grand-voile.

 

David m’avait laissé entendre qu’une des photos prises lors de la première étape par une photographe professionnelle pourrait bien paraître dans le magazine, mais c’est toujours sympa de voir son bateau préféré dans un mensuel national.

 

Sinon, quelques nouvelles de la nuit : David à perdu une place, scotché par les derniers assauts du pot au noir qui n’a pas envie de voir s’échapper les derniers minis, mais a maintenant repris une route normale, à un peu plus de 3 nœuds. Au vu des fichiers météo, on peut espérer que Ville du Tréport sorte enfin de la zone de convergence intertropicale dans la journée (bon, la validité des prévisions météo dans cette zone est quand même plutôt aléatoire, mais il faut bien y croire un peu).

 

A ce soir pour confirmer,

 

Eric

21 octobre 2007 : un pot au noir qui n'en finit pas

Bonsoir,

 

Décidément, le pot au noir persiste à emprisonner une petite moitié de la flotte de la Transat 6,50, en s’étendant très sud. Les vents au-dessus du zéro de latitude nord (l’équateur) restent très faibles (5 à 10 nœuds) et les bateaux ont bien du mal à sortir de la zone. Ville du Tréport a repris toutefois un peu de vitesse depuis hier et navigue ce soir à 4,3 nœuds, se maintenant en 22ème position.

La nuit va, une nouvelle fois, être très longue pour les coureurs. Même si après 15 jours de mer ils ont maintenant pris le rythme du grand large, les conditions très spéciales rencontrées dans le pot au noir nécessitent une vigilance permanente, tant pour surveiller les signes annonciateurs du vent (variations du baromètre, nuages, risées sur la surface de l’océan), que pour anticiper les grains. Mais la fatigue qui s’accumule peut aussi entraîner une baisse de lucidité, et c’est dans ces moments que l’expérience et le mental sont déterminants.

 

Remarque que j’en connais qui ne doivent pas se reposer beaucoup non plus en ce moment, entre deux biberons … n’est ce pas, Christine et Nico !

 

30 bateaux avaient franchi l’équateur à 18 heures, tandis que le dernier, l’espagnol Hugo RAMON, n’est pas encore entré dans la zone de convergence intertropicale (il avait du faire une longue escale aux Canaries suite à diverses avaries : barre de flèche cassée, panneaux solaires arrachés, aériens de tête de mât emportés).

 

En tête de la course, Yves LE BLEVEC est désormais à moins de 400 milles de Bahia et glisse à 8 nœuds le long des côtes brésiliennes, à une soixantaine de milles sur son tribord. Il est maintenant sous la « corne » du Brésil et c’est la dernière ligne droite avant la baie de tous les Saints, dans laquelle il devrait entrer mardi en fin d’après-midi .

 

En série, le leader Hervé PIVETEAU est 13ème au classement général et se situait au pointage de 18 h à 767 milles de Bahia. Mais l’alizé de sud-est tant annoncé reste mou, la faute à une dépression centrée sur le nord du Brésil. Les bateaux les plus à l’est de l’orthodromie sont avantagés, naviguant vent de travers, tandis que ceux restés à l’ouest (et qui ont été moins touché par le pot au noir) payent maintenant leur option de route en étant contraint de naviguer plus près du vent. David semble avoir bien anticipé ce phénomène, puisqu’il s’est décalé à l’est de la route depuis quelques jours (même si en ce moment cela est plutôt un handicap).

 

A demain,

 

Eric

20 octobre 2007 - comme un avant goût du Brésil

Bonsoir,

 

Yves LE BLEVEC a dépassé dans la journée l’archipel brésilien de Fernando de Noronha et entame le dernier sprint vers la baie de tous les Saints, distante de 600 milles.

 

Né il y a 12 millions d’années d’une éruption volcanique sous-marine, l’archipel de Fernando de Noronha se situe au large des côtes brésiliennes, par 03° 54′ de latitude sud et 32° 25′ de longitude ouest (à 360 km de Natal). Il se compose de 21 petites îles, dont la principale et la seule habitée (seulement 17 km² et 4 km dans sa plus grande largeur) donne son nom à l’archipel.

Le climat est tropical, avec une saison sèche bien marqué et dominé par un climat  océanique, avec une température moyenne de l’ordre de  25 ° (mini 18 °, maxi 31 ° : et dire qu’ici il commence à geler le matin …).